En milieux scolaires se situe des problèmes cuisants au niveau des toilettes des écoles et universités. Parfois plus étonnant dans des hôpitaux publics !

  • La World Toilets Organization (WTO) organise notamment une Journée des toilettes : chaque 19 novembre,
  • Un tiers des élèves ne va pas aux toilettes car celles-ci demeurent “sales et malodorantes ». Avec parfois l’ajout d’un problème de sécurité et de tags honteux aux murs. Ce n’est pas qu’une question de civisme ;
  • 700 000 enfants dans le monde meurent chaque année de diarrhées causées par l’eau non potable et par des mauvaises conditions d’hygiène dans leurs environnements.

Chez les scolaires : sur le plan urologique :

Les infections urinaires et l’incontinence urinaire représentent un problème à relier avec la fréquentation scolaire. En effet, les consultations pour infections urinaires et vaginales sont plus fréquentes pendant le temps scolaire que pendant les vacances. Alain Pigné, gynécologue spécialiste de l’incontinence urinaire, attribue ce symptôme à la non-fréquentation des toilettes par les jeunes filles dans les établissements scolaires. L’incontinence urinaire est un problème de santé publique, puisque 27,6 % des femmes en souffrent.

Du point de vue digestif :

Il s’agit surtout de problèmes de douleurs abdominales et de constipation : 84,6 % des élèves ne vont jamais à la selle au collège. Certains d’entre eux produisent même des certificats médicaux justifiant le fait d’aller aux toilettes seulement à l’infirmerie, afin de ne pas développer de constipation chronique ;

Les points d’eau servent pour le lavage des mains et pour la boisson. Ce qui favorise également la dissémination des bactéries orofécales.

Les enfants boivent souvent à même le robinet.

Dans des établissements scolaires du premier degré :

Dans deux études concernant les toilettes et leur utilisation en milieu scolaire (école élémentaire et maternelle). Il semble que :

  • Seulement 43 % des élèves vont régulièrement aux toilettes tous les jours ;
  • 48,5 % ne s’y rendent que lorsqu’ils ne peuvent pas faire autrement ;
  • 7,2 % déclarent ne jamais les utiliser, la moitié étant demi-pensionnaire.
  • Il est à noter que sur 24 781 élèves interrogés :1 784 élèves ne vont jamais aux toilettes à l’école.

Pourtant, l’Association française d’urologie (AFU) préconise, de façon minimale, d’aller uriner toutes les 3 heures : le matin avant de partir à l’école, à chaque récréation, au retour à la maison et avant de se coucher, ceci dans le but de prévenir le développement des germes et d’infections ;

Plus généralement chez les scolaires :

  • Des élèves se plaignent également du manque de verrou : ce problème est contourné par les filles qui vont souvent à deux aux toilettes et surveillent la porte à tour de rôle ;
  • Des actes de vandalisme empêchent parfois l’utilisation des toilettes pendant de nombreux jours en attendant les réparations ;
  • Des élèves ne fréquentent pas les toilettes car ils ne s’y sentent pas en sécurité (22,6 %). Pour causes de bagarres d’agressions ainsi que des actes sexuels ;
  • Dans certains établissements, les toilettes, constituent des lieux de non-droit (car peu surveillées) et permettent à certains élèves une consommation de tabac, d’alcool, voire de l’usage de drogues ;
  • Avec les Smartphones des photos ou des vidéos sont prises et diffusées via Internet
  • Souvent existe aussi, un éloignement important entre les toilettes et les classes de cours (peut-être à cause des mouches !) ;

Dans les écoles primaires et les maternelles :

  • Des cloisons insuffisamment hautes ou basses qui facilitent le voyeurisme de certains élèves (49 % des élèves ont peur que quelqu’un les voie aux toilettes). Même les touts petits possèdent une certaine pudeur.
  • Les enfants signalent en tout premier lieu : les mauvaises odeurs (signe de prolifération de germes pathogènes) ainsi que le manque de propreté des lieux, pour ne pas y aller.

Conclusion :

Un prof de Français : « Les toilettes sont une grande honte de notre système éducatif. Les toilettes devraient être pensées comme le lieu d’accueil le mieux conçu de l’établissement. Elles devraient être propres, impeccables. »

Seulement 20 % des établissements scolaires traitent ces problèmes d’hygiène, de propreté et de sécurité en comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), et 26 % en conseil d’administration !

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