Francis vous êtes pour moi un exemple de courage et de détermination. (Surtout, quand j’ai un petit coup de mou, je pense à vous et « ça repart » !)

De quoi souffrez-vous Francis Drubigny ?

Bonjour Guy, je suis atteint de #Fibromyalgie et de polyneuropathies des membres inférieurs essentiellement. D’autres pathologies « minimes » qui se greffent comme le syndrome de Reynaud et de SADAM…

Guy : il y a presque 10 ans, quand nous nous sommes rencontrés, vous ne manifestiez aucune difficulté physique apparente, et pourtant vous deviez déjà souffrir, voire-même, d’être déjà handicapé dans votre vie quotidienne ?

Francis, de quand date l’apparition de vos premières douleurs ?

J’ai commencé à souffrir particulièrement du dos, des hanches et des genoux vers l’âge d’une dizaine d’années… à ce moment-là jusque l’adolescence j’ai passé ma vie chez le kiné mais en même temps on me dispensait de sport à l’année ! Erreur…

Également, les antidouleurs et les décontractants musculaires faisaient partie intégrante de ma vie et ce, dès mon très jeune âge.

  • Comment avez-vous supporté de passer en quelques mois d’une vie active « normale » aux béquilles, puis au fauteuil roulant ?

Francis : Cela a été vraiment très difficile ! Aussi bien physiquement car les douleurs étaient très intenses avec des spasmes musculaires très violent et à la fois psychologiquement… je me voyais dépérir à vitesse grand V et rien ne fonctionnait pour atténuer mes douleurs.

Francis, quelles furent alors vos craintes pour votre devenir ?

Francis Drubigny

FD : J’avoue que je pensais que je ne marcherais plus jamais de ma vie et que je resterais en fauteuil jusqu’à la fin…

Je ne pouvais pas profiter des moments de complicité avec mon fils, à la plage par exemple ou au sport, c’était très dur moralement !
Je ne savais pas comment cela allait évoluer, est-ce que les douleurs allaient continuer à augmenter ? Est-ce que je mourrais dans la douleur ?

Quels furent alors vos rapports avec les représentants du Corps médical qui semblaient ne pas comprendre votre cas ?

Francis : C’était presque la guerre ! Une incompréhension totale de leur part mais également de la mienne… Nous ne parlions pas le même langage et nous ne nous comprenions pas les uns les autres. De plus, mis à part des éternels antidouleurs, rien ne m’était proposé. On me disait qu’il fallait que je me fasse à l’idée que ma vie ne serait plus jamais pareille ! Quelle fatalité ! Grrr… cela me fait encore grincer des dents parfois.

Quand et Comment avez-vous pris la décision de vous prendre seul en main ? 

Francis : Quelques mois après avoir « touché le fond » totalement déprimé, j’avais supprimé mes traitements qui de toute façon ne fonctionnaient pas depuis 6 mois. j’ai complètement modifié mon alimentation en supprimant tout ce qui crée de l’acide dans le corps… mes spasmes musculaires se ont alors très fortement diminués et un beau matin j’ai remarqué que je pouvais, dans le lit, bouger légèrement la jambe au réveil et que je ressentais une irrésistible envie de m’étirer… Je me suis écouté, j’ai attrapé mes jambes, je les ai étirés de la même manière que j’avais en exemple dans mon esprit quand je regardais mon fils s’entraîner au club de karaté… j’ai ressenti un réel bien fait et des sensations dans les jambes – moins de compression…

Alors :

Du coup je me suis mis à m’étirer chaque matin dans mon lit et à mesure, je suis arrivé à rebouger les jambes tout seul, de façon contrôlée !
De là, je me suis mis à pratiquer des exercices dans le lit, des mouvements avec les jambes, des abdominaux, etc. jusqu’au jour où j’ai tenté de me mettre debout au bord du lit… j’ai tenu 3 secondes puis je suis retombé assis sur mon lit, mais j’y étais arrivé ! De là ce fût le déclic, je ne lâcherai rien et je continuerai à m’entraîner !

Aujourd’hui quel est votre traitement ?

Francis : De nos jours mon traitement se compose essentiellement d’une alimentation saine, au mieux que je peux et aussi de l’activité physique ou sportive régulière !
Je ne prends plus d’antidouleurs ni de décontractants musculaires, uniquement un traitement très léger pour l’humeur et le sommeil, car malgré tout, les troubles du sommeil persistent sans traitement.
Pour avoir une bonne récupération, il faut un bon sommeil.

Comment allez-vous aujourd’hui ?

Aujourd’hui, Je vais beaucoup mieux ! Avec des hauts et des bas au niveau fatigue car la Fibromyalgie est toujours là. Mais je vis mieux avec, grâce à l’activité physique et à mon alimentation !
D’autres petits soucis, mais d’ordre mécanique, des séquelles d’être resté plus de 4 ans en fauteuil roulant, mais cela reste gérable et c’est beaucoup moins violent que tout ce que j’ai vécu avant.

Je pratique 2h de kinésithérapie en salle et 2h de balnéothérapie par semaine, plus 3h de karaté et de self-défense par semaine (au club de karaté de Cabasse 83). Je compte bien passer mon grade « ceinture bleue » cette année. Et de persévérer jusqu’obtenir une première étape : « la ceinture noire » ! (Merci “Rémi”! )

Francis, Vous avez écrit un eBook : « karaté-santé, l’art de vivre votre santé » que vous pouvez retrouver ici en cliquant sur le lien ci-dessus.

Remerciement :

Merci Francis de nous avoir raconté votre galère, « qui finit bien » si je peux me permettre ce raccourci. Et aussi, pendant cette longue période douloureuse, d’avoir toujours été disponible (en béquilles et en fauteuil) pour m’aider, me dépanner et me conseiller.

Que votre exemple devienne un encouragement à pratiquer une activité physique pour tous ceux qui souffrent dans leur corps. Et aussi pour tout ceux qui attendent de se décider de commencer de se bouger.

Pour votre blog « Karaté-santé », je vous souhaite de rencontrer un large lectorat et que le fruit de votre parcours de plus de 20 ans ! Donne l’envie à beaucoup de se bouger. De toujours penser aux autres vous donner un sens à votre vie. Bonne créativité et bon courage. Portez-vous bien.

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