Les consigner à la maison et leur restreindre leurs possibilités d’activités extérieures ?

Une première étude nationale sur les enfants confinés, menée à Clermont-Ferrand pointe les dangers de la sédentarité pour les enfants, pendant cette période. Ils auraient été victimes du « syndrome de la chaise », car leur temps passé assis a augmenté de 60 %, et même de 70 % chez les adolescents !

Rappelons que l’insuffisance d’activité physique est la 4ème cause de mortalité dans le monde et qu’elle est responsable d’autant de décès que le tabagisme.

Chez des enfants

« Sur le test de la navette, qui mesure l’endurance, les enfants devaient courir entre un plot A et un plot B et le temps entre les deux diminue au fur et à mesure, ils doivent accélérer. Certains enfants qui ont vécu le confinement n’arrivaient même pas à effectuer le premier temps de course. Je n’ai jamais vu ça », se désole Martine Duclos.

Autre test : celui des capacités cognitives. Elles ont diminué de 40% en un an. Sur un ordinateur, les enfants doivent relier le chiffre 1 à la lettre A, le chiffre 2 à la lettre B etc. Il y a un temps limite. Avant le confinement, en 2019, tous les enfants ont réalisé le test sans soucis, dans le temps imparti, qu’ils soient en zone REP ou non“Après le confinement, plus de la moitié n’a pas été capable de faire le test dans le temps limite. Ce n’est pas normal” résume Martine Duclos.

Chez des enfants âgés en bonne santé

Du fait de l’arrêt total de l’activité physique et du temps passé assis, on va avoir un véritable déconditionnement. Ils vont se sentir fatigués, plus ou moins anxieux et déprimés. Il y a d’autres causes comme l’isolement social, l’angoisse économique et d’assurer l’école à la maison. Le déconditionnement entraîne une fatigabilité, des douleurs musculaires, des douleurs dorsales, une mauvaise qualité du sommeil. C’est un cercle vicieux : on dort mal car on ne fait pas d’activité physique, on est encore plus fatigué par manque de sommeil, on est plus énervé et plus anxieux ».

Une seconde étude

Menée sur deux ans, en Auvergne auprès de 80 élèves de CE1 et CE2 à Vichy dans l’Allier, et près de Clermont-Ferrand. (Professeur Martine Duclos, cheffe du service de médecine du sport au CHU, à la tête de l’Onaps).

Le travail mené révèle une diminution des capacités physiques évaluée à 30 % environ, « que ce soit la capacité motrice (sur un parcours, ramper, saut), l’endurance, la force ou la souplesse ».

La sédentarité liée au confinement a également engendré une prise de poids estimée à 5 à10 kg. En un an, l’indice de masse corporelle (IMC, poids divisé par la taille au carré), reflet de la corpulence, a augmenté de 2 à 3 points en moyenne.

Une troisième étude concernant

Une dégradation du niveau d’activité physique des jeunes Français pendant le premier confinement. Son coordinateur, David Thivel, alerte sur cette tendance de plus long terme :

Pendant le premier confinement, le niveau d’activité physique a continué de dégringoler, quel que soit l’âge. Seulement 4,8 % (2,8 % des filles et 6,5 % des garçons) des 5-11 ans et 0,6 % des adolescents atteignaient les recommandations des 60 minutes d’activité physique, d’intensité modérée à vigoureuse par jour.

Avec une explosion du temps d’écran. Presque tous les enfants et adolescents (93 %) dépassent aujourd’hui les recommandations de « pas plus de deux heures par jour ». En moyenne, ils y passent quatre heures par jour. Un chiffre sans doute inférieur à la réalité, les enquêtes étant déclaratives. Le confinement a amplifié ces chiffres déjà énormes.

Au total, 62 % des enfants et 69 % des adolescents augmentèrent leur temps d’écran durant cette période.

Conclusion :

N’étant pas spécialiste de l’enfance, je me garderai bien de donner mon avis, quoique on peut le découvrir entre les lignes (et là l’entreligne s’avère très large).
Mais vous parents, qu’en pensez-vous ?

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