Les monnaies demeurent indissociables du développement du commerce. Depuis les temps préhistoriques, les hommes utilisèrent de la « monnaie » pour concrétiser leurs échanges (le troc) par :

  • Des matières naturelles : de la pierre, du sel – pour payer les légionnaires romains. D’où l’origine du mot « salaire » -, mais aussi de l’ambre, des coquillages.
  • En Chine : des dents de baleine, des pierres précieuses, des lingots de métal – or, argent, plomb, cuivre.
  • Des produits agricoles : des grains d’orge ou de blé, des graines, du riz, des fèves de cacao –
  • Chez les Aztèques -, des feuilles de tabac ou de thé, des peaux de bêtes, de la morue séchée, de l’alcool, des chevaux, des bœufs, du poivre.

De l’expression « payer avec des épices », viendra « payer en espèces » ;

  • Des objets artisanaux : de la verroterie, des perles – « œil de chat » du Sénégal -, des couteaux, des armes – haches, hachoirs, fusils, des tissus, des pagnes ;
  • Mais aussi des esclaves, des prisonniers ;
  • Et des unités de compte – « unités de poids ». Qui apparurent, vers 2 500 av. J.-C., en Mésopotamie et en Égypte.

Les monnaies remplacent le troc :

Ce troc à l’aide d’objets restait peu commode, imprécis et nécessitant parfois le transport et l’échange de marchandises encombrantes et hétéroclites.

Au XXe siècle, les guerres et les épisodes de pénuries – 1919-1923 en Allemagne, 1944-1947 en Allemagne, Angleterre, France et Italie provoquent la résurgence d’autres formes de troc.

Au VIIe siècle av. J.-C., les Grecs, pour développer leur commerce – autour de la Mer Égée et en Asie Mineure – inventèrent la monnaie métallique – malléable – Un roi de Lydie remplaça les lingots d’or par des lingots en électrum – un alliage naturel d’or et d’argent. De poids invariable, de même forme et marqués d’un signe authentifiant leur étalonnage.

Les monnaies et le commerce de détail :                                         

Le commerce de détail local se développera par l’arrivée de pièces de monnaie – en or, en argent, en cuivre ou en bronze. Plus pratiques et possédant une valeur bien définie et reconnue, souvent frappées par les cités elles-mêmes. Avant, par exemple, les amendes pouvaient être payées en « têtes de bétail ». Les pièces de monnaies vont se répandre rapidement sur tout le pourtour méditerranéen.

Durant le IIIe siècle av. J.-C., à Rome, un premier atelier monétaire s’installera sur le Capitole, à proximité du temple de Junon Moneta, pour fabriquer des « aes » ou as. Ces petits lingots de bronze, remplaceront les sesterces. Puis, le « denier » le « denarius » ou pièce de dix, frappé en argent, sera la première pièce à porter une valeur inscrite, sous la forme d’un X – « X » signifiant 10 en numération latine : (1 denier pour 10 as).

À l’aube de l’ère chrétienne, l’empereur Auguste fait frapper l’aureus qui pèsera environ 8 grammes d’or.

Au IVe siècle, Dioclétien et Constantin lancent le « solidus » ou sou d’or – d’où nous est venu le mot « sol », qui donnera par la suite le «sou».

En Chine :

Après l’utilisation d’outils métalliques – des couteaux et des houes – et des petits lingots en argent comme moyens de paiement, apparaîtra une véritable monnaie. Sous le règne de Qin Shi Huangdi, 221-210 av. J.-C. : une pièce à trou carré en cuivre. Elle survivra jusqu’en 1837.

Au Japon, la première pièce, en cuivre le « wadōkaichin », mise en circulation en 708.

En 760 on frappera : une nouvelle pièce de cuivre appelée « mannentsūhō », valant 10 fois la valeur de l’ancienne, une nouvelle pièce d’argent appelée « « taiheigenbō », d’une valeur de dix pièces de cuivre. Et enfin une nouvelle pièce d’or appelée « kaikishōhō » d’une valeur de dix pièces d’argent. Au XIIe siècle, la monnaie nationale en pièce métallique disparaîtra au profit de pièces chinoises ; les paiements en riz font aussi leur retour.

Au XVIe siècle, on fond des « bundōkin » en or.  Les premiers billets apparaissent en 1661. Le « yen » naîtra en 1868 (en pièce et en billet).

Dans le reste du monde :

Le monde musulman : Au IIIe siècle, met en place un système monétaire : le « dinar » en or, puis le « dirham » en argent et des « fals » en cuivre.

Vers 650, apparaissent les « sceattas », qui représentent des monnaies d’argent anglo-saxonnes et frisonnes.

Vers 675, en Gaule, le sou d’or remplace une pièce d’argent, le « denier ». Puis Charlemagne, faute d’approvisionnement suffisant en or, met en circulation une nouvelle monnaie : le denier d’argent.

Au début du Moyen Âge, avec les restrictions imposées au commerce, l’usage de la monnaie connaît une régression. Puis réapparaissent à la fin des pièces d’or : le « florin » de Florence en 1252, suivi par le « ducat » de Venise. Saint Louis crée « le tournois d’argent » et « l’écu ».

De 1450 à 1750, l’émergence des grands États modernes, la réforme religieuse, l’augmentation des productions et la découverte des Amériques vont entraîner une augmentation importante des richesses mobilières.

En Angleterre :

En 1640, le roi Charles Ier  d’Angleterre fait saisir les lingots d’or et d’argent déposés à la Tour de Londres – alors Hôtel des monnaies -. Les marchands de la cité réagissent immédiatement en transférant leurs métaux précieux, sous forme de lingots, de poudre ou de pièces, dans des refuges plus sûrs : comme les boutiques d’orfèvres. En échange de certificats de dépôts. Les orfèvres deviennent ainsi des banquiers.

En Suède :

Lorsque l’argent-métal vint à manquer en Suède, en 1661, le banquier Johann Palmstruck fit imprimer des billets et introduisit le billet de banque en Europe, mais il ne résista pas à la tentation de mettre en circulation davantage de billets que ce que sa banque pouvait rembourser. Cela mena la banque à la faillite, en 1668. Elle fut monopolisée par l’état.

D’autres monnaies :

En 1658, la Banque de Stockholm (Riksbank)fut la première banque à émettre des billets, mais la trop grande quantité de billets qu’elle mit en circulation provoqua sa faillite.

Depuis la fin du XIVe siècle,des « nota di banco » – expression qui donna en anglais le mot « banknote » – existaient déjà en Italie du Nord.

L’impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg fait frapper le « Konventionstaler » en argent à son effigie appelé : le « Maria Theappeléresien Thaler » (MTT), qui devint une monnaie internationale très prisée, concurrencé par la pièce de « 8 réaux » espagnole (la “pièce de huit”), le « rixdale » néerlandais et la « pound » (livre anglaise).

En 1775 apparaît le dollar – terme dérivant d’une déformation du mot thaler -.

Les monnaies en France :

À partir de 1689, en France, apparaissent des « proto-billets » ,des lettres d’échanges devenues par la suite des « billets de monnoye », puis des « billets de l’Estat » émis par le Trésor royal, assimilés à une forme d’emprunt type bon du Trésor.

Puis vint l’échec du « système Law » en 1716.

En 1790, les biens confisqués du clergé sont transformés en fonds de garantie représentés par des « assignats ».

En 1865, est créée l’Union monétaire latine, une convention monétaire entre la Belgique, la France, l’Italie et la Suisse, convention à laquelle adhère la Grèce en 1868, afind’harmoniser les monnaies de ces pays.

A partir de 1973, apparaît le régime des changes flottants. Les monnaies varient entre elles librement, suivant l’offre et la demande.

1981 – 1985 : « crise des dettes souveraines » à la suite de prêts massifs accordés aux pays du tiers monde pour cause de hausse des cours du pétrole.

Des billets de banque en polymères, ayant une durée de vie deux à trois fois plus longue, apparaissent à partir de 1983. On les retrouve en Australie en 1996 et au Canada en 2012.

L’Euro :

L’Euro, comme monnaie unique européenne est décidé par le traité de Rome en mars 1957, Avec la création du « serpent monétaire » en 1972.

Entrée en vigueur de l’ECU en 1970.

Le traité de Maastricht en 1979, en 1993 la CEE devient la CE – Communauté Européenne -, entrée en vigueur de la monnaie unique Euro en 1999, mais d’abord comme monnaie scripturale – sans pièces ni billets.

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