Le nudge, qu’est-ce ? un mot anglais : en français cela veut dire “coup de pouce” – ou plus d’actualité : « coup de coude” », un petit geste qui s’est généralisé depuis la Covid. Qui s’accomplit depuis peu pour inciter quelqu’un à faire attention à ce qu’il va dire ou faire.

Le nudge marketing (ou management)

Une stratégie qui incite un communiquant à agir plus en douceur d’une certaine manière et sans jamais chercher à contraindre ou à imposer. 

Nos décisions fonctionnent en deux temps :

  • Un système de pensée rapide et gouverné par les émotions et l’instinct, (aussi par habitude) … par lassitude.
  • L’autre, plus lent, basé sur l’analyse et la réflexion.

Les choix des individus s’avèrent irrationnels et prévisibles. Il existe un écart entre ce que les gens déclarent avoir comme intention de faire, et leur comportement dans la réalité. (Acheter, voter…)

Cette stratégie NUDGE mobilise des arguments et des moyens (souvent très créatifs) capables de diffuser des messages aptes à faire adopter des comportements de sécurité, de civisme, de prévention, de santé …

Elle permet de diffuser efficacement des messages d’intérêt général. (campagne anti tabac.

Historique du nudge :

Le nudge fait son apparition dans les années 1970. Par l’économiste et psychologue Daniel Kahneman (prix Nobel d’économie), qui s’intéresse aux mécanismes décisionnels à l’origine des résistances au changement.

Richard H. Thaler, et Cass Sunstein, professeurs à l’Université de Chicago, et d’Harvard, sont les premiers à avoir écrit sur le sujet en 2008, avec l’ouvrage Nudge : « la méthode douce pour inspirer la bonne décision » (une sorte de paternaliste) : « plutôt que de dire aux gens quoi faire, il vaut mieux les aider à atteindre leurs objectifs »).

Le nudge en politique :

La stratégie nudge reprise politiquement par :

  • Le gouvernement américain de Barack Obama en 2009 ;
  • Le gouvernement britannique de David Cameron en 2010 ;
  • Puis adoptée par l’Australie et par l’Union Européenne ;
  • Plus récemment, par notre exécutif contre la Covid 19 : sur le port du masque, les confinements, la vaccination, le pass vaccinal …

L’individu (citoyen-consommateur) conserve son libre arbitre. Cependant, l’initiateur de la démarche va promouvoir une option en mettant en avant les bénéfices pour l’utilisateur. Puis il « imposera » des mesures qui n’offre que peu d’autres choix « politiquement corrects ». Mais il sauve les apparences (le « en même temps ») en rendant seule acceptable sa « suggestion ». Pour convaincre il utilise la formule « faire de la pédagogie ».

Avantages d’une démarche nudge :

  • Il s’agit pour lui d’une démarche à implication forte et durable, perçue positivement ;
  • La mise en place d’une démarche nudge nécessite un budget restreint, alors que les canaux traditionnels représentent des investissements bien plus conséquents ;
  • Elle infantilise son auditoire et le rend plus perméable ;
  • Elle sauve les apparences et transforme un diktat en libre choix… librement consenti.

Deux exemples célèbres :

viser la mouche

–       À l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol afin de diminuer les coût du nettoyage quotidien des sanitaires : les responsables mirent un dessin d’une fausse mouche au fond des urinoirs (Hommes). Les usagers, joueurs, se sont appliqués à viser la mouche et les frais de nettoyage ont diminué de 80% !

–       En 2016, La SNCF modifie sa signalisation dans les gares : en remplaçant ses mentions « interdit d’entrer » ou « sens interdit » par « voie sans issue ». Résultat, le mauvais sens de l’utilisation d’un des souterrains de service baissera en quelques mois de plus de 50%.

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